Quand l’impunité au Brésil ne passe ‘presque’ plus, le cas du Mensalão

Je post ici un lien et une parti du texte écris par mon homologue Jean-Jacques Fontaine de Vision Brésil sur l’actualité du moment car il explique beaucoup mieux et est surtout mieux au courant, donc voici le lien du post et ci dessus l’extrait du post:

« Mensalão », l’impunité n’est pas passée

Tout relève du symbole dans cette affaire de corruption politique datant de 2005. Deux ans après avoir été élu et en pleine gloire populaire, le Président Lula doit faire face à l’un des plus grand scandales politique de l’histoire républicaine du pays : les principaux dirigeants de son parti, le Parti des Travailleurs, montent une opération d’achat de votes de députés afin de faire passer certaines lois et d’assurer au nouveau chef de l’Etat une majorité parlementaire durable. Le scandale met en cause une quarantaine d’hommes politiques et de leurs collaborateurs. On parlera alors « d’Ali Baba et des 40 voleurs ». Pour des raisons politiques, le Président Lula lui-même est épargné, mais s’il n’a vraisemblablement pas trempé directement dans l’affaire, il semble douteux qu’il n’ait pas été au courant. Le plus vraisemblable est qu’il ait laissé faire, ce qui ne sera pas considéré comme un délit !

Il aura ensuite fallu 6 ans pour mener l’instruction judiciaire à son terme. Six longues années durant lesquelles les pressions pour étouffer l’enquête, ont été permanentes. Mais ni la Police Fédérale, ni Joaquim Barbosa, alors responsable de l’instruction au sein du Tribunal Suprême, ne se laisseront influencer. En août 2012, l’affaire est mise en jugement. Au terme de multiples recours et rebondissements, les 11 ministres du STF condamnent 25 des 40 inculpés, certains à la prison ferme, d’autre à de simples travaux d’intérêt général, mais ce qui fait jurisprudence dans leur jugement, c’est que pour la première fois, les corrupteurs sont condamnés et plus seulement les bénéficiaires de la corruption, comme c’était le cas jusqu’à présent.

« Embargos infringentes »

Mais ce n’est pas fini ! Début 2013, les avocats des condamnés tentent une ultime manoeuvre : ils déposent des « embargos infringentes », une disposition qui permet aux accusés de recourir lorsqu’au moins 4 juges de la Cour Suprême les ont absouts d’un des chefs d’accusation. En septembre 2013, le STF admet la cause, les recours de 12 des condamnés sont considérés comme valables. On croit alors qu’une fois de plus, les auteurs du « Mensalão » vont échapper à leur punition : le risque est en effet grand que la prescription puisse s’appliquer avant que ces recours soient jugés.

C’était compter sans l’obstination de Joaquim Barbosa, nommé depuis Président de la Cour Suprême. A ce titre, il considère que seules les peines pour lesquelles les « embargos infringentes » s’appliquent doivent être suspendues, mais pas les autres. Son interprétation est validée par l’ensemble des 11 juges du STF le 15 novembre et dans la nuit, Joaquim Barbosa expédie aux Polices Fédérales des différents Etats 12 ordres de prison. Le 16 novembre, la plupart des condamnés sont derrière les barreaux. Un seul, possédant la double nationalité s’est enfui en Italie.

Parmi ces prisonniers, José Genuino, ancien président du Parti des Travailleurs et José Dirceu, ex-bras droit du Président Lula et tête pensante du PT. C’est lui qui aurait mis en place le schéma de corruption des parlementaires. José Dirceu se retrouve ainsi pour la seconde fois en prison. Il avait été arrêté et torturé par les militaires durant la dictature, puis relâché en échange de la libération de l’ambassadeur américain Charles Elbrick, séquestré par des guérilleros de gauche en septembre 1969.

José Dirceu l’incarnation du mal ?

José Dirceu se considère une nouvelle fois comme un prisonnier politique, « victime d’une démocratie sous pression de l’élite : je n’ai pas été condamné pour mes actes durant mes 50 ans de vie politique entièrement dédiés au Brésil, à la démocratie et au peuple, affirme-t-il dans une lettre ouverte publié à son entrée en prison, il s’agit d’une tentative de juger la lutte et l’histoire de la gauche et du projet politique du PT, « peu importe qu’ils m’aient enlevé la liberté, je continuerai à défendre notre cause par tous les moyens »

Curieux argument, s’étonne Merval Pereira, « se dire victime d’un procès d’exception alors que la plupart des membres du Tribunal Suprême ont été désignés en toute démocratie par l’ancien Président Lula ou l’actuelle Présidente Dilma Rousseff, tous deux membres du PT qui est au pouvoir depuis 11 ans ». « Dirceu se dit victime de la haine et de la jalousie de l’élite, mais en fait, il est victime de sa propre ambition démesurée » juge plutôt Paulo de Tarso Venceslau. Ex-compagnon de route de José Dirceu, il a été emprisonné durant 5 ans pour sa participation à l’enlèvement de l’ambassadeur Elbrick, puis a ensuite été expulsé du PT qu’il avait contribué à fonder. A la décharge de José Dirceu, il semble que cette « ambition démesurée » n’est pas fondée sur une recherche personnelle du pouvoir ou de puissance, mais sur un projet politique autour duquel il aurait construit le schéma du « Mensalão ».

Le PT au pouvoir pour 20 ans !

Selon plusieurs observateurs, son véritable objectif aurait en effet été « d’assurer la permanence du PT à la tête de l’Etat pour 20 ans ». L’opération a échoué, mais le pari est peut-être en passe de se réaliser de la façon la plus démocratique qu’il soit : par les urnes. Voilà en effet 10 ans que le PT gouverne le pays, d’abord avec Lula et maintenant avec Dilma Rousseff, encore aux commandes jusqu’à la fin de l’an prochain.

Si elle est réélue pour un second mandat, ce que prédisent aujourd’hui les sondages, le PT va gouverner au moins encore jusqu’en 2018. Ce qui fera 15 ans de gouvernement pour le Parti des Travailleurs. Un beau parcours pour une formation fondée par l’alors syndicaliste Lula et José Dirceu au lendemain de la fin de la dictature militaire, comme un outil « pour lutter contre l’injustice, la corruption et pour l’instauration d’un Etat démocratique plus juste »[…]

Merci Jean-Jacques

Content de l’issu, je peux dire que ce n’était pas gagné et je ne sais pas si c’est fini vu l’appoint des condamnés lors de leur conduite en cellule pour privilégiés en BMW X6 (je sais même pas qu’elle existait celle là) ou dans un avion privé, alors que par exemple un citoyen lambda est placé dans le coffre d’un 4×4 de la Police oubliant les règles élémentaires de sécurité.
En effet on peut les voir sur toutes les chaines déclarer leur innocence et lever fièrement le point style Le Ché en signe de lutte, José Dirceu va même jusqu’à se déclarer prisonnier politique même s’il reconnait se trouver en démocratie, preuve de la démesure de l’ego de certains politiciens qui pensent que parce qu’ils sont condamnés et font de la politique cela veut dire qu’ils sont « prisonniers politiques ».
L’important c’est la condamnation, par contre la peine… en effet ils seront prisonniers que la moitié du temps, en effet tout le monde parle de leur 1ère nuit en prison mais dés le lendemain ils peuvent retourner à leurs occupations, pour l’instant il n’y a ni amende, ni sanction éligibilité.
Bref y’a encore du chemin à faire…

De France ça peut faire sourire, quoique, mais ici c’est important ce qu’il se passe, encore une preuve que le Brésil change et dans le bon sens
Autre chose vous l’aurez noté, dans son post il parle des Awá ou plus connus sous le noms d’invisibles « Invibles » (les mêmes que dans le film La Forêt d’émeraude si je ne m’abuse), non pas que cela ne m’intéresse pas pour ceux qui ne me connaissent pas, mais les indiens feront l’objet d’un et même plusieurs posts dédiés ici prochainement.

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