Comment prendre le bus à Brasília

Pour ceux qui l’ignorent encore au Brésil le réseau ferré est inexistant, le territoire est en effet tellement énorme que les investissements seraient pharaoniques, d’autant qu’avec le climat il faudrait entretenir régulièrement et quand on voit l’état des routes après la saison des pluies, on peut se faire une idée de ce que cela donnerait.
Bref donc ici à Brasília on voyage en bus pour n’importe quel type de trajet court ou long et le standing de celui que l’on prend dépend de la destination mais aussi du lieu de départ
Dans cet article je ne parlerai que des bus de la périphérie de Brasília, mais il y aussi le métro donc je parle dans cet article et un système important de bus scolaires, sans oublier les bus inter-états.

Le réseau

Il n’y a pas une compagnie gère tout comme la RATP ou le STIF en Île-de-France par exemple donc il y a une multitude de compagnies, et pour se repérer ça ce complique et même s’il y a un site qui regroupe (presque) toutes les lignes DFTRANS, mais à part sur Brasília même il est impossible que connaître le trajet ou les arrêts exacts, il faut pratiquer et s’adapter car même sur les arrêts de bus il n’y a aucune information à part des affiches de promotions pour des concerts locaux ou l’église du coin. Il y a bien des projets pour améliorer tout ça mais sans les pouvoirs publics ça me semble difficile…

Les tarifs

Malgré cela les prix sont équivalent en moyenne et unique par trajet, de plus il n’y a pas de système de ticket tu rentre tu paie et c tout, pas de tickets non plus. Ce qui veut dire qu’à chaque changement on repaie, en moyenne c’est R$ 3-4 pour un trajet extra-urbain et R$ 2 pour circuler dans Brasília.
Il existe le Vale-transporte, il s’agit d’une carte non nominative mais non cédable a un tiers, oui c’est paradoxal, mais avant c’était sur papier et il y avait tout un trafic de revente et de paiement pour autre chose. Bref en général c’est l’employeur qui le recharge et le déduit de ton salaire, mais globalement si tu gagne plus de R$ 1000, ce qui est assez fréquent malgré tout, ce n’est pas intéressant car l’employeur ne participe puis financièrement. Et comme l’argent reste bloqué sur cette carte, il vaut mieux payer au jour le jour…

Prendre son bus

Comme je l’ai déjà évoqué dans un post précédent avant de se retrouver en dans son bus il y a un peu de boulot, tout d’abord il faut :
– s’assurer qu’il passe bien par ici, le meilleur moyen c’est de demander à ceux qui attendent mais ce n’est pas fiable à 100%, par contre c’est souvent l’occasion de bater um papo
– ensuite guetter, soit le numéro soit la direction, sachant qu’avec l’expérience on fini par se repérer par la séquence de défilement et la longueur des noms affichés étant donné la vitesse à laquelle arrive les bus. Cette étape est assez importante malgré tout car même si il peut y avoir d’autres personnes qui vont même endroit et toujours au même arrêt à la même heure si personne ne demande le bus ne s’arrête pas, et des fois même en faisant ça il passe son chemin, trop rapide ou trop tard les raisons sont variées
– pour finir anticiper l’endroit où il va s’arrêter en particulier utile les jours de pluies
Bref il est assez courant d’attendre son bus plus de 30min que celui-ci passe, sinon y’a plus qu’a aller à un endroit où il en passe plus et attendre encore…

Sur la route

Je ne sais pas où les chauffeurs apprennent à conduire ici, sûrement au même endroit que tout les particuliers, mais la vitesse est essentielle même s’ils ne sont pas payés au rendement, par exemple il est courant d’en voir un doubler par la gauche, oui je précise le gauche car c’est pas toujours le cas, et ce juste avant un arrêt et donc il va ensuite freiner comme un dingue pour rejoindre l’arrêt obligeant les passagers à se cramponner et coupant ainsi la route aux automobilistes, ou encore rater volontairement l’arrêt
Sur mon trajet il y a un grand chantier depuis plusieurs mois qui s’appelle l’Expresso DF en gros c’est un système ressemble à une voie ferrée mais avec des bus, comme beaucoup de trucs ça doit être fini pour la Coupe du monde mais c’est pas gagné

Anatomie des bus

De l’extérieur ils sont assez différents des nôtres, notamment à cause des routes ici (trois, pluie) , par exemple ils sont plus hauts ce qui ne facilite par l’accès pour les fauteuils roulants, personnes âgés ou poussettes mais ils sont tous équipés de mini plate-formes pour monter les fauteuils même les anciens, bon j’ai pas dis que ça fonctionnait par contre… Un truc génial par contre c’est les pots d’échappements qui sont tous en hauteur à cause de la pluie je pense mais du coup on s’en prend pas plein le nez
De toutes façons les bus ici ne sont pas faits pour les poussettes, à notre arrivée sans voiture on avait pas le choix mais avec 3 petits pour des longs trajets il fallait la prendre. Il fallait voir la tête des gens quand on arrivait, avec une poussette double qui plus est !
Bref dans ce cas il faut prévenir le conducteur pour pouvoir monter par l’arrière et se débrouiller pour monter la poussette comme on peu et éviter les heures de pointes
Oui car au Brésil il y a des « cobradores » dans les bus, en plus du conducteur il y a quelqu’un qui s’occupe des tickets, enfin de prendre l’argent plutôt car ici pas de système de tickets et pas de preuve de paiement non plus, en fait quand tu rentre dans un bus si tu veux sortir il faut aller à l’arrière et donc passer devant le cobrador et son fameux tourniquet, il appui sur un bouton et tu peux passer.
Ce système assure un taux de fraude de quasi 0% et ça c’est génial pour les compagnies par contre pour l’aspect pratique c’est pas ça mais on ne peut pas tout avoir. Par exemple impossible d’aller à l’aéroport avec ses valises en transport, donc en bus ici, comme on peut le faire en Europe
À l’intérieur pas trop différent, 2 rangés de 2 sièges, à noter que entre le conducteur et le cobrador il y a 7-8 places pour les personnes prioritaires : vieux, femmes enceintes, parents avec enfant dans les bras, handicapés (ceux sans fauteuil donc) mais également pour les obèses.
Dans les plus récents il y 1 ou 2 écrans de TV passant les informations locales et au fond les places aménagées pour les fauteuils, poussettes, ou chien d’aveugles
Après 10 mois passé ici j’ai vu 2 fois un fauteuil roulant et c’était pour un adolescent handicapé donc avec ses parents pour l’aider car sincèrement dans les conditions actuelles il est impossible pour un déficient quelconque de prendre le bus seul et donc ces installations ne servent jamais, ne sont pas entretenues et servent surtout de poudre aux yeux.

Le confort

Ça dépend un peu de l’âge du bus, de la compagnie et le la ligne, ça va du vieux modèle avec sièges en plastique dur, fenêtre qui ferment pas et placer en fer qui laisse passer tout les 2 l’eau quand il pleut, aux nouveaux avec sièges en tissus renforcés, plancher plastique anti-dérapant, TV et nouveau système d’alerte pour descendre.
Car il y a une autre particularité dans les bus ici, pour demander à descendre au prochain arrêt il faut tirer sur une corde qui cours le long de plafond, un système singulier mais finalement simple, efficace et qui évite aux gamins de jouer avec.
Le confort dépend aussi du chauffeur mais là franchement y’a peu de différence, par contre il y a système très au point de communication entre le chauffeur et le cobrador car même s’ils sont assez proches on fait souvent l’économie de la parole au Brésil (l’exemple du pouce le prouve). Bref en fait le cobrador donc tape sur sa caisse pour avertir le chauffeur qu’il peut fermer la porte arrière une fois tout le monde descendu ou encore lorsqu’il faut se rabattre à droite pour indiqué que la voie est libre, il faut dire que le chauffeur change souvent de voie ici pour doubler ou éviter les embouteillages.
Il y a aussi le fait que sur les grands axes, en ville ou sur les routes les reliant, il y a des voies spéciales. Dans le principe c’est super en cas d’embouteillage, le petit soucis c’est que des fois elle se situe sur la voie de gauche, ce qui fait que les bus ne les prennent pas car les arrêts eux sont toujours à droite. Va comprendre… En plus s’il n’y a pas de radar ces voies sont envahies par les voitures

Les gens dans le bus

Ici comme partout dans le monde aujourd’hui les gens font la gueule et ont les yeux rivés sur leur smartphone, mais il y a une chose singulière qui se passe quand toutes les places assises sont occupés, les personnes assises vont spontanément vous proposer de prendre votre sac ou vos affaires sur leurs genoux, pas pour fouiller mais bien pour vous aider, et peu importe si c’est un peu encombrant car elles sont assises et vous non
Comme les voitures sont chères énormément de personnes prennent le bus et souvent ils sont bondés ce qui fait qu’ils circulent souvent surchargés, et donc au bout d’un moment ça casse. Oui ici les gens on l’habitude, genre quand il n’y a pas d’arrêt et que le bus ralenti, y’a de fortes chances que le cobrador prononce le fatidique « quebrou » (les bus a lâché), tout le monde descend des fois au milieu de nulle part. Dans ce cas si vous ne voulez pas repayer il faut attendre un bus de la même compagnie et surtout attendre que le cobrador ou le chauffeur vous fasse monter par l’arrière, oui j’ai déjà testé sans car aucun bus ne venait et il faut casquer tes R$3 à nouveau
Par contre même si les gens sont habitués ça arrivent qu’ils en ai marre et qu’ils y foute le feu, c’est souvent des vieux bus et l’histoire dit pas si le chauffeur y est pour quelque chose
Les arrêts de bus par contre pas risque qu’ils soient détruits comme on le voit souvent en France, ici ils sont en béton, à part peut-être dans Brasília ou vous pourrez en trouver en verre/plastique…

4 réflexions sur “ Comment prendre le bus à Brasília ”

  1. Ping : Le Brésil en vraiA quoi faudra-il s'habituer en venant vivre à Brasília - Le Brésil en vrai

    • -KarmA- sur

      Intéressant comme site, je ne connaissais pas, c’est bien mais pour les grandes lignes au quotidien pas vraiment utile…
      Par exemple, il ne trouve pas Santa Maria (un des plus gros satellite de Brasília), ni certains quartiers spécifiques de Brasília ou ailleurs genre Ceu Azul (là où j’habites) donc inutile pour moi et les brasilienses en majorité je penses
      Ici il faut demander aux arrêts de bus ou dans les rodoviaria, c’est chiant mais c’est le moyen le plus fiable
      De toutes façons les tarifs sont unique, R$3 pour les inter-villes (ex Gama-Brasília) et R$2 pour les internes (circulares et autres), éventuellement R$4 si tu sors tu DF pour aller à Luziana (GO) mais bon les tarifs c’est pas trop le pb finalement.
      Le gros soucis c’est l’absences d’horaires, et d’informations sur les trajets, pratiquement impossible de savoir ou va un bus avant de monter dedans…

  2. Ping : Le Brésil en vraiMon Brasília, guide perso de la ville - Le Brésil en vrai

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